• PARENTALITÉ

    12/05/2020

    Une journée à la crèche

    Une journée à la crèche

    Que fait votre enfant pendant que vous êtes au travail ? De la section des bébés à celle des grands, plongez dans la vie d’une crèche à travers une journée type !

    Propos recueillis auprès de Diane Guillier, éducatrice de jeunes enfants en crèche

    Cette description n’est pas exhaustive. Chaque crèche a son règlement de fonctionnement, mais nous pouvons tout de même voir apparaître des similitudes d’organisation et des grandes tendances en terme de méthodes.

     

    • Accueil du matin

    Ouverture : 7h ou 7h30, en fonction des structures

    Accueil jusqu’à 10h, voire 11h pour les plus petits (section des bébés)

    L’accueil diffère en fonction des structures. Certaines crèches accueillent les enfants tout au long de la journée, c’est-à-dire que les arrivées et les départs peuvent se faire à tout moment de la journée. Les arrivées pendant les temps de repas sont cependant à éviter. D’autres structures, la plupart, imposent des horaires : pas d’arrivée après 10h, notamment pour les plus grands en raison des activités qui ont commencé. Sauf cas exceptionnel, bien sûr (rendez-vous médical, imprévu…) ! C’est souvent plus souple pour les plus petits : possibilité d’arriver jusqu’à 11h. 

    Chaque enfant a un portemanteau et un casier pour ses affaires.

    Les transmissions

    Certaines crèches fonctionnent encore avec le système des feuilles de rythme pour les tout-petits. Cette feuille de rythme, qui fait l’aller-retour entre la maison et la crèche, permet de bien connaître et suivre le rythme de l’enfant. Elle indique les temps de sommeil, l’heure et la quantité des biberons, les phases d’éveil et les changes (pipi ou selle). Lorsque le rythme de l’enfant devient régulier, la feuille de rythme est abandonnée au profit de transmissions orales entre les professionnels et les parents.

    Il est important de considérer ce temps de transmission comme un passage de relais : comment va l’enfant ? Est-ce qu’il a bien dormi ? Bien mangé ? Il faut transmettre les informations importantes, comme une prise de médicaments avant de venir ou que l’enfant sera récupéré plus tôt par son papi le soir. Si les parents ont le temps, ça peut être aussi l’occasion d’échanger sur quelque chose en particulier. C’est ce temps d’échange qui va permettre de créer le lien et la relation de confiance avec les professionnels.

    De plus en plus, dès la moyenne section, les professionnels profitent des temps de transmission pour insister davantage sur les phases d’éveil, de développement et d’interactions plutôt que sur la quantité de purée avalée et le nombre de pipis et de selles de la journée.

    • Temps de regroupement pour ritualiser la journée

    Les professionnels de la structure regroupent les enfants au sol, sur un tapis par exemple. À noter que les enfants ne sont pas obligés de prendre part au regroupement. C’est un temps calme durant lequel le groupe se dit bonjour, chante des chansons, écoute des histoires… Bien souvent, c’est le moment où l’on propose de l’eau aux enfants, qui n’ont pas le réflexe de demander à boire dans la journée.

    • Matinée

    Sections des moyens et des grands

    Les professionnels proposent aux enfants des activités dites « dirigées » et des jeux libres. En fonction de la période et du nombre d’enfants, ça peut être l’un ou l’autre. Les activités « dirigées » ne durent généralement pas plus de 10-15 minutes. Un des professionnels encadre une activité dirigée avec 2-3 enfants, tandis qu’un autre surveille les jeux libres et les enfants tournent au gré des « ateliers ».

    Section des bébés

    Il n’y a pas d’activités mises en place dans la section des bébés. Les professionnels sont au sol avec les petits et suivent leur rythme. On parle alors de motricité libre avec des jeux à leur disposition. Sont réunis dans cette section des tout-petits de 3 mois comme des bébés de 9 mois. Les besoins ne sont pas les mêmes en fonction de l’âge des bébés : certains ont besoin de grimper et il faut rapidement mettre en place des structures motrices adaptées. Le rituel de regroupement du matin peut progressivement être installé en cours d’année chez les bébés.

    • Rituel d’avant repas

    Mise en place d’un temps de rituel avant le repas pour apaiser les enfants qui commencent à être fatigués et bien évidemment à avoir faim. Bien souvent, des professionnels arrivent en fin de matinée pour renforcer les équipes et partagent un temps de transmission sur le déroulement de la matinée avant le rituel. Comme le rituel du matin, le rituel de fin de matinée se compose de chansons et/ou d’histoires. Chez les plus grands, il peut prend la forme d’un temps de méditation : la lumière est tamisée et on leur demande de s’allonger, avec parfois une musique douce en fond sonore. Ce temps-là devient alors un vrai indicateur du repas à venir pour les enfants.

    • Le repas

    La façon dont l’enfant prend son repas diffère d’une crèche à l’autre. Certaines structures pratiquent le repas en individuel (l’enfant est seul avec le professionnel pour prendre son repas) en petite et moyenne sections. D’autres mettent en place progressivement, dès le milieu de l’année en petite section et jusqu’en moyenne section, le repas à deux, puis à trois, puis à quatre enfants entourés d’un professionnel. Enfin, certaines structurent proposent le repas en groupe dès la moyenne section.

    Quand ils mangent en groupe, les enfants sont installés autour d’une petite table avec des chaises à leur mesure.

    La présentation des repas peut se faire de deux façons : entrée, plat et dessert donnés les uns après les autres ou l’intégralité du repas présenté sur un plateau. Vous trouverez cette information dans le projet pédagogique. On tend de plus en plus vers la seconde option qui permet à l’enfant de manger les aliments qui lui sont proposés dans l’ordre qu’il veut. Cela signifie que l’on accepte que l’enfant mange son dessert en début de repas ! À savoir pour celles et ceux que cette pratique interpelle que le sucré appelle la faim et que le fait d’avoir l’ensemble de son repas présenté devant lui permet à l’enfant de visualiser ce qu’il a mangé et de gérer les quantités. Pour les enfants dits « becs sucrés », qui se jettent plus volontiers sur les fruits et peuvent rechigner à manger le reste du repas, le professionnel sera attentif à lui accorder une plus petite portion de dessert en début de repas.

    Dès la section des moyens, les professionnels incitent les enfants à prendre le chemin de l’autonomie en leur demandant de se laver les mains avant et après chaque repas. Au début, ils le font à l’aide d’un gant mouillé. Les professionnels demandent aussi aux grands de débarrasser leur plateau repas. 

    Les bébés prennent leur repas en individuel, avec le professionnel (du moins en début d’année). Ce dernier adapte l’heure de prise du repas (biberon, purée et compote) en fonction de l’heure du petit déjeuner de l’enfant (communiquée par le parent lors des transmissions du matin). À savoir que le professionnel ne réveillera jamais un enfant qui dort pour lui donner à manger, même s’il loupe un repas. L’enfant mangera plus tard. Par exemple, pour un enfant ayant besoin de récupérer et qui dormirait de 10h à 15h, le professionnel préfèrera lui donner un plus gros goûter, plutôt que de le réveiller à l’heure du déjeuner.

    Le repas des bébés est soit donné dans des transats, soit dans les bras. Les enfants sont passés à table progressivement, en fonction de leur évolution et de leur demande.

    Pour les enfants allaités, un protocole écrit est mis en place en collaboration avec le médecin de la crèche : le parent doit présenter un sac isotherme avec un thermomètre à l’intérieur et le lait maternel tiré doit se trouver dans des pochettes spéciales mentionnant la date et l’heure, soit de tirage, soit de congélation.

    Focus sur la diversification

    Concernant la diversification, deux grandes pratiques : soit la structure ne donne pas l’aliment tant que l’enfant n’a pas goûté le légume ou le fruit en question à la maison. Ainsi, l’enfant n’aura que son biberon de lait s’il n’a pas goûté l’aliment au menu du jour. À noter tout de même que beaucoup de structures font attention à proposer régulièrement de la carotte au menu au début afin que l’enfant mange un peu de purée en plus de son biberon. Cette pratique est plus facile à mettre en place dans les crèches disposant d’un cuisinier sur place qui peut adapter les repas au jour le jour, en fonction des transmissions des parents et des professionnels. Pour les crèches dont les repas sont livrés par une cuisine centrale (cuisine de la ville qui livre les crèches et les écoles de la commune tous les matins) ou un groupe privé, il est plus simple de procéder autrement : les professionnels anticipent sur les menus communiqués et demandent l’accord des parents pour la prise d’un nouveau fruit ou légume.

    • La sieste

    Les enfants sont couchés et levés de manière échelonnée.

    Certaines structures disposent de dortoirs séparés. Ainsi les enfants peuvent continuer à jouer tranquillement dans la pièce de vie tandis qu’ils sont couchés les uns après les autres dans une pièce dédiée au sommeil. Mais pour d’autres structures, la pièce de vie sert aussi de dortoir. Il faut donc mettre en place une autre organisation, en fonction de l’agencement des sections.

    Pendant la sieste, les enfants ne sont pas couchés dans le noir, mais dans une atmosphère de lumière tamisée, afin qu’ils puissent faire la différence entre le sommeil diurne et le sommeil nocturne.

    Si l’enfant fait une longue sieste, les professionnels s’adaptent et le laisse dormir. Même si les autres enfants prennent leur goûter, le sommeil prime sur le reste et l’enfant prendra son goûter une fois qu’il sera réveillé. Si l’enfant est un gros dormeur et que les parents demandent à ce que ses siestes soient écourtées, cette demande leur sera refusée. On expliquera aux parents que si leur enfant dort c’est qu’il a besoin de sommeil et que c’est important pour son bon développement.

    Focus sur la tétine et le doudou

    Le doudou est l’objet transitionnel, il doit faire le lien entre la maison et la crèche. Il est important de ne pas l’oublier et de bien penser à le ramener chaque matin.

    La tétine et le doudou sont à disposition des enfants, à portée de main dans des poches à doudou. Les professionnels incitent les enfants à s’automatiser : c’est-à-dire leur faire comprendre que c’est à eux d’aller chercher leur doudou et/ou leur tétine au moment du coucher. De la même manière, les professionnels habituent l’enfant à les ranger une fois levé.

    Focus sur l’habillage et le déshabillage

    Chez les moyens et chez les grands, les enfants ont bien souvent un petit panier accessible pour y poser leurs habits. Les professionnels les aident à se déshabiller et s’habiller tout en les incitant progressivement à le faire eux-mêmes. Ils apprennent rapidement à ranger seuls leurs affaires.

    • L’après-midi

    Une fois changés et habillés, les enfants passent en jeux libres.

    • Le goûter

    Le goûter est donné aux enfants aux alentours de 15h30.  Il se compose souvent d’un laitage et d’un fruit, parfois aussi de biscuits.

    • L’après goûter

    Jeux libres ou activités en même temps que l’accueil du soir et le départ progressif des enfants.

    • Accueil du soir

    Dans beaucoup de crèches, les parents peuvent venir récupérer leur enfant après le goûter, vers 16h, et jusqu’à 18h30-19h.

    À partir d’une certaine heure, certaines structures décident de regrouper tous les enfants de la crèche encore présents dans une seule section. Ce système peut aussi être mis en place le matin, à l’ouverture.

    Accueil à partir de 16h

    Fermeture : 18h30 ou 19h, en fonction des structures

     

    À lire également :

    L’article du Journal des Femmes

    L’article de La Maison des Bibies

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